(XINHUA) -- Des centaines de garçons et de filles continuent d'être envoyés sur la ligne de front par les groupes armés au Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis la reprise des combats en août dernier, a déclaré vendredi la Mission des Nations Unies en RDC ( MONUC). Selon un communiqué de la MONUC parvenu à l'agence Xinhua, plusieurs témoignages recueillis récemment ont confirmé qu'après un recrutement forcé, les enfants reçoivent un entraînement militaire et sont envoyés sur la ligne de front du Nord-Kivu, au coeur des combats, alors que d'autres sont utilisés pour des tâches logistiques variées ou comme esclaves sexuels.
Certains groupes armés actifs au Nord-Kivu semblent délibérément viser les écoles ou autres lieux de rassemblement, là où les enfants sont particulièrement exposés au recrutement forcé. Ces groupes transforment ainsi l'école en un lieu à haut risque pour les enfants et entraîne la fermeture des établissements scolaires. Les témoins ont indiqué que plusieurs de ces enfants ont été à nouveau recrutés et que la crise actuelle compromet tous les acquis durement obtenus pendant les trois dernières années de démobilisation d'enfants soldats au Nord-Kivu. Depuis 2004, plus de 8 500 enfants avaient déjà rejoint leur famille après avoir quitté volontairement les groupes armés du Nord-Kivu. Dans les zones sous contrôle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, groupe politique du général dissident Laurent Nkunda), les familles et les communautés qui ne veulent pas remettre leurs enfants pour le soutien de « la cause », rapportent subir intimidations et persécutions. Le CNDP et le Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR, rebelles rwandais) semblent s'inscrire comme premiers responsables du recrutement et de l'utilisation d'enfants parmi tous ceux qui les pratiquent au Nord-Kivu. La loi nationale congolaise, dont la Constitution, interdit la présence d'enfants de moins de 18 ans au sein de l'armée. De plus, le recrutement et l'utilisation d'enfants de moins de 15 ans par des forces et groupes armés sont considérés comme un crime de guerre qui peut être poursuivi par le Tribunal Pénal International. © Xinhua
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