L'accident au décollage survenu mardi à Goma (est de la République démocratique du Congo) à un DC-9 de la compagnie aérienne Hewa Bora Airways (HBA) a fait 34 morts et 111 blessés, a affirmé mercredi matin le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, à la RTBF-radio. Trois Belges figurent parmi les rescapés de l'accident. Les trois passagers belges en sont sortis indemnes mais choqués, a-t-on appris mardi soir de source diplomatique.
Il a également fait état, peu avant 09h00 locales (même HB), d'un nouveau bilan - mais sans doute encore provisoire -, de 53 survivants, dont 35 qu'il a vus personnellement dans les hôpitaux de la ville. Le dernier bilan, fourni mardi soir par le président de HBA, Stavros Papaioannou, faisait état de 21 morts, mais sans qu'aucune de ces victimes ne soit passager de l'avion. Les victimes ont été "fauchées" au sol au moment du crash, a-t-il expliqué.
"Il y a 21 morts confirmés, dont les corps ont été retrouvés et amenés à la morgue de (l'hôpital général de) Goma. Mais on ne peut à l'heure actuelle confirmer aucun décès parmi les passagers", avait ajouté le patron de Hewa Bora.
Selon M. Papaioannou, il y avait au total 85 personnes à bord: 79 passagers et six membres d'équipage. L'équipage va bien. Nous essayons de contacter tous les passagers. Jusqu'à présent, nous avons pu joindre 53 personnes, qui vont bien", a-t-il poursuivi. "Nous savons qu'il y avait à bord sept expatriés, dont quatre Américains (et trois autres dont les nationalités ne sont pas connues), dont aucun n'a été tué", a-t-il ajouté.
"Nous n'excluons pas qu'il y ait eu des morts parmi les passagers, mais l'équipage nous a dit avoir procédé à une évacuation. L'avion s'est cassé en deux. Cela a permis a beaucoup de gens de sortir", a-t-il encore précisé.
Un porte-parole des Affaires étrangères belges a confirmé mercredi matin que trois Belges ont contacté l'ambassade de Belgique sur place pour indiquer qu'ils se trouvaient dans l'avion et qu'ils avaient survécu, mais a ajouté ne pas disposer pour l'instant d'informations précises concernant la présence éventuelle d'autres ressortissants belges dans l'avion.
L'avion, un DC-9 affrété par HBA qui effectuait la liaison Goma-Kinshasa, via Kisangani (nord-est) s'est écrasé après 14h30 locales (même HB), peu après son décollage de la capitale du Nord-Kivu. A l'hôpital général de Goma, un rescapé a expliqué que l'avion, en pleine vitesse, avait "continué sa course dans Birere".
"Il y a eu du feu, venu de l'aile gauche. C'était la panique dans l'avion. J'ai couru vers l'avant. Des membres de l'équipage ont ouvert une porte, j'ai sauté. Je suis tombé au sol et j'ai vu l'avion continuer à avancer, puis s'enflammer", a raconté Désiré Buhendwa, un informaticien congolais de 36 ans, sous le choc mais presque indemne. Les causes de l'accident n'étaient pas encore connues mardi soir, mais selon le patron de Hewa Bora, "l'équipage a entendu une explosion à l'arrière de l'avion" alors que l'appareil avait atteint une vitesse de près de "100 noeuds". "Il devait atteindre les 126 noeuds pour décoller. Le pilote a freiné, mais la piste était mouillée, l'avion a dérapé et il (le pilote) a perdu le contrôle".
Selon des sources aéroportuaires, se basant aussi sur des déclarations de l'équipage, l'avion aurait eu un problème de moteur après être passé sur une flaque d'eau et le pilote aurait tenté de poursuivre sa route avant de décider de freiner - et de perdre tout contrôle de l'appareil.
Un pilote de C-130 "Hercules" de l'armée belge expliquait récemment que la plupart des avions congolais opérant à Goma étaient "hors limites" en ce qui concerne les normes de sécurité.
Depuis l'éruption du volcan Nyiragongo qui surplombe Goma, le 17 janvier 2002, la piste de l'aéroport a en effet été réduite de près d'un tiers par une coulée de lave qui la recouvre. Six ans plus tard, la lave n'a pas encore été enlevée. (belga/7sur7)
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