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Un avion DC 9 de la compagnie Hewa Bora s’est crashé mardi 15 avril dernier à l’aéroport de Goma faisant un nombre de victimes toujours indéterminé à ce jour, car en RDC les officiels congolais sont apparemment fâchés avec l’arithmétique. En cause l’état de l’avion d’abord, ensuite celui de la piste qui avait provoqué la crevaison d’un pneu de cet avion qui s’en est allé raser un marché proche de l’aéroport. La probabilité pour que ce type d’accidents se reproduise reste malheureusement très élevée comme l’a dit, avec une franchise désarmante, le ministre congolais des transports et des voies de communication Mwando Nsimba. Ce dernier a déclaré en effet, 48 heures après le crash, que « les aéroports de Ndjili (Kinshasa), de Lubumbashi, de Mbuji-Mayi et de Bukavu » étaient « des dangers permanents ».
Étonnant de la part d’un membre d’un gouvernement qui se montre fataliste là où il devrait agir. Souvenez-vous, le 4 octobre 2007, cinquante personnes avaient péri suite au crash d’un Antonov 26 d’une compagnie privée dans un quartier populaire de la capitale, le ministre des Transports fut alors congédié pour "incompétence". Mais depuis, rien n’a été entrepris dans ce pays dont toutes les compagnies sont interdites de l’espace aérien de l’Union européenne. On a cependant constaté la promptitude du président de la République Joseph Kabila et du premier ministre Antoine Gizenga à distribuer les messages de compassion comme s’ils ne savaient, comme s’ils ne pouvaient faire que cela. Pendant ce temps, un joli cafouillage illustrait l’anarchie assumée de l’espace aérien congolais comme l’illustre ce propos d’un diplomate européen cité par LCI : « On ne saura peut-être jamais combien il y avait de personnes à bord, ni combien il y a eu de victimes au sol. On essaie de vérifier les listes de bord, qui sont différentes à la RVA, à la DGM (Direction des migrations) et à Hewa Bora, c’est un casse-tête ». Pas étonnant, quand on sait que la crevaison du pneu de l’avion accidenté était due à la présence, sur la piste, des laves d’une éruption volcanique que les gouvernements nationaux, locaux et autorités aéroportuaires successifs ont oublié de décaper depuis… 2002 ! Dans n’importe quel autre pays, des ministres auraient démissionné ou auraient été démissionnés, la compagnie incriminée serait suspendue, des plaintes seraient déposées contre l’État et la compagnie aérienne pour « mise en danger délibéré de vie d’autrui »… Rien de tout cela, si ce n’est de la politique-compassion, de la charity politic avec entre autres cette sortie médiatique d’Olive Kabila, l’épouse de Joseph, qui a relayé le message de condoléances de son mari de président et qui a lancé un appel aux dons en espèces et en nature au peuple congolais, un peuple qui se lève sans savoir s’il aura quelque chose à se mettre sous la dent. Joseph Kabila n’a pas été élu pour pleurer avec les Congolais, mais pour éviter au peuple congolais de vivre ce type de situations comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle comme le souligne, dans une dépêche de l’AFP, un expatrié français : « Ce n’est pas un accident, mais la conséquence logique de la chaîne de défaillances collectives dans l’aviation en RDC » et de s’interroger : « Je ne sais pas combien d’accidents de ce type il faut pour que les autorités de Kinshasa fassent le ménage ». Pas sûr qu’elles s’empressent à le faire tant que cela leur fournira des occasions de faire étalage de leur « générosité ». En attendant, pour tous ceux qui envisagent d’emprunter un avion pour Kinshasa, Lubumbashi, Bukavu et Mbuji-Mayi, pensez à rédiger votre testament auparavant, car le ministre des transports congolais vous aura prévenus. |Botowamungu Kalomr(AEM)
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